La Seine-Saint-Denis conjugue deux visages du bâti francilien : les grands ensembles en panneaux préfabriqués, où les baies calibrées se remplacent par campagnes entières, et le pavillonnaire de meulière de Montreuil ou du Raincy, aux ouvertures plus modestes et plus irrégulières. Entre l'autoroute A86, l'A1 et le ballet aérien qui converge vers Roissy, la question du bruit s'invite dans presque tous les projets de menuiserie du département. La rénovation énergétique du parc social, engagée à grande échelle, a fait de la fenêtre aluminium à rupture de pont thermique un standard des programmes de réhabilitation. Aux abords de la basilique de Saint-Denis, en revanche, la protection du site impose des choix de teinte et de profil plus stricts. Ce guide détaille les critères techniques à connaître avant de lancer un chantier de remplacement dans le département.
Le parc de logements collectifs construits en panneaux préfabriqués entre les années soixante et quatre-vingt représente une part considérable du bâti du département, de Bobigny à Aulnay-sous-Bois. Les baies y ont été conçues selon des dimensions calibrées, répétées à l'identique sur des dizaines de façades, ce qui impose aux bailleurs de traiter le remplacement par campagnes entières plutôt qu'unité par unité. Cette standardisation joue en faveur de l'aluminium : à résistance mécanique égale, ses profilés restent nettement plus fins que ceux du PVC, qui exige des renforts internes pour tenir la même portée. Sur une baie de taille modeste, ce gain de quelques centimètres par montant se traduit par une augmentation sensible du clair de jour et de la lumière reçue dans des logements souvent orientés est-ouest sur des barres longilignes. La régularité des teintes et des sections, obtenue par des marchés groupés, facilite en outre le contrôle qualité sur des chantiers qui portent parfois sur plusieurs centaines de fenêtres.
Métal, l'aluminium présente une conductivité thermique très supérieure à celle du PVC, environ mille fois plus élevée, ce qui interdit tout profilé plein sur une façade destinée à l'habitation. La solution retenue depuis plusieurs décennies consiste à séparer le profilé en deux demi-coquilles, l'une tournée vers l'extérieur et l'autre vers l'intérieur, reliées par des barrettes en polyamide chargé de fibre de verre. La largeur de ces barrettes, comprise entre 20 et plus de 40 millimètres selon les gammes, conditionne l'essentiel de la performance thermique finale du châssis. Le coefficient Uw, qui mesure la fenêtre entière et non le seul profilé, se situe couramment entre 1,3 et 1,6 W/m².K pour un châssis récent équipé d'un double vitrage à isolation renforcée, contre plus de 3,5 pour les menuiseries alu sans rupture posées avant les années quatre-vingt. Dans les copropriétés et bailleurs sociaux du département engagés dans des programmes de rénovation énergétique globale, ce seuil conditionne désormais l'éligibilité aux aides.
Le double vitrage 4/16/4 à lame d'argon et couche peu émissive constitue la base de toute pose récente, mais le choix du vitrage se complique nettement à proximité des grands axes du département. Entre l'A86, l'A1 et le couloir aérien qui alimente Roissy, une part importante des logements de Seine-Saint-Denis subit une exposition sonore continue, ce qui pousse vers un feuilleté acoustique asymétrique de type 44.2, capable d'apporter huit à dix décibels de gain supplémentaire face au trafic routier ou aérien. Ce feuilleté se combine sans difficulté avec la lame de gaz isolante, si bien qu'un même vitrage cumule souvent performance thermique et confort sonore sur ces adresses. Le classement AEV, qui chiffre l'étanchéité à l'air, à l'eau et au vent, se lit sous une forme du type A*4 E*7B V*A2 et se choisit selon la hauteur du bâtiment autant que selon son exposition : une tour de quinze étages à Bobigny ou à Noisy-le-Grand n'appelle pas le même classement vent qu'un pavillon de plain-pied du Raincy.
La fenêtre à la française, dont les joints se compriment à la fermeture, reste la référence sur le plan de l'étanchéité et convient aussi bien aux barres d'immeubles qu'au pavillonnaire de meulière. Le coulissant séduit dans les logements traversants du parc social, où il libère l'espace devant les radiateurs ou les plans de travail, au prix d'une étanchéité par brosses et donc d'un classement air en retrait par rapport à l'ouvrant battant. Le coulissant à levage, qui comprime ses joints en fin de course, réduit une bonne partie de cet écart et se retrouve de plus en plus dans les programmes de réhabilitation des grands ensembles. Sur le pavillonnaire ancien de Montreuil ou du Raincy, où la meulière impose des ouvertures plus étroites et plus irrégulières que les baies calibrées des barres, le galandage reste rare : il suppose une réservation dans le mur que ce bâti en pierre meulière ne permet pas toujours d'aménager sans reprise lourde de maçonnerie.
Le remplacement en zone urbaine dense pose des questions d'accès qui s'ajoutent aux choix strictement techniques : livraison des menuiseries en étage, stationnement d'une nacelle ou d'un échafaudage sur une voirie étroite, coordination avec la copropriété ou le bailleur pour limiter la gêne des occupants. Deux méthodes de pose coexistent malgré tout. La pose sur dormant existant conserve l'ancien cadre en place, ce qui évite de rouvrir les tableaux et les finitions intérieures, mais retire quatre à six centimètres de clair de jour sur chaque dimension, une perte plus sensible sur les baies déjà étroites du pavillonnaire meulière que sur les grandes baies des barres. La dépose totale, plus longue et plus salissante, permet en contrepartie de reprendre l'étanchéité sur toute la périphérie du dormant. Aux abords de la basilique de Saint-Denis, classée et protégée, les menuiseries visibles depuis l'espace public relèvent en outre de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France, qui peut restreindre la teinte, le profil ou même le type d'ouvrant retenu.
Une fenêtre aluminium à rupture de pont thermique posée en Seine-Saint-Denis se situe couramment entre 500 et 900 euros du mètre carré, dépose comprise, un tarif qui recouvre aussi bien un pavillon du Raincy qu'un appartement de barre à Aulnay-sous-Bois.Un coulissant de trois mètres à deux vantaux se chiffre entre 2 500 et 5 000 euros, tout compris. Le feuilleté acoustique, la qualification renforcée du classement AEV pour les étages élevés ou le passage à un coulissant à levage font glisser le devis vers le haut de cette fourchette. En rénovation, la facture relève du taux réduit de 5,5 pour cent lorsque le bien est achevé depuis plus de deux ans et que fourniture et pose figurent sur un seul devis. Les dispositifs d'aide réclament de leur côté un installateur certifié RGE.
FMC BATIMENT, implantée à Romainville, exerce dans la menuiserie bois et PVC et assure la pose ainsi que le remplacement d'éléments de menuiserie extérieure.
LES MENUISERIES DE L'ILE DE FRANCE, également basée à Romainville, travaille le bois et le PVC et propose des prestations de menuiserie extérieure compatibles avec la pose de fenêtres et de leurs fermetures.
JV RENOV, à Romainville, intervient en menuiserie bois et PVC sur des ouvrages intérieurs comme extérieurs, avec des travaux centrés sur les ouvertures du bâtiment.
ID FENETRES ET FERMETURES, installée à Saint-Denis, couvre la fabrication, la pose, l'entretien et la réparation de menuiseries en bois, en aluminium et en PVC, ainsi que la pose de portes et de fenêtres.
BRM BAT, à Villepinte, exerce en menuiserie intérieure et extérieure et pose des fenêtres en PVC, en aluminium et en bois.
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