En Picardie, le climat reste frais et humide une bonne partie de l'année, ce qui pousse d'emblée vers des menuiseries capables de tenir un classement eau confortable sans jamais renoncer à l'isolation. La brique picarde et la pierre calcaire dominent le bâti ancien, tandis que de larges pans de l'Aisne et de la Somme ont été reconstruits après 1918 avec des baies standardisées qui facilitent paradoxalement le remplacement en aluminium. Autour de la cathédrale d'Amiens ou dans la ville haute de Laon, les abords protégés imposent en revanche des règles précises sur la teinte et le profil des nouvelles menuiseries. Sur les plateaux dégagés du Santerre ou du Vermandois, le vent souffle sans grand obstacle, et le bruit de l'autoroute A1 ou de l'aéroport de Beauvais s'ajoute par endroits à la liste des contraintes à traiter dès la conception. Cette page détaille comment l'aluminium répond à ces exigences, d'Amiens à Compiègne en passant par Beauvais.
La brique picarde, omniprésente dans les faubourgs d'Amiens, de Saint-Quentin ou d'Albert, se marie avec la pierre calcaire sur les façades plus anciennes des centres-villes, deux supports qui tolèrent assez bien la pose en applique sous réserve d'un support sain. De larges secteurs de l'Aisne et de la Somme, rasés par les combats de la Première Guerre mondiale, ont été reconstruits durant les années 1920 avec des ouvertures standardisées, un héritage qui simplifie souvent le remplacement des menuiseries par des dimensions courantes du marché. Dans ces mêmes quartiers, l'homogénéité des façades reconstruites, parfois protégée au titre du patrimoine du vingtième siècle, peut imposer de respecter la partition des vantaux d'origine plutôt que de simplifier le dessin de la fenêtre. Autour de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens et de la ville haute de Laon, classées et soumises aux abords des monuments historiques, ces contraintes se doublent d'un contrôle sur la teinte visible depuis l'espace public.
L'aluminium transporte la chaleur environ mille fois plus vite que le PVC, un handicap qui deviendrait rédhibitoire sous le climat humide picard si le profilé restait plein d'un bord à l'autre. La solution consiste à scinder le cadre en deux parties, intérieure et extérieure, réunies par des barrettes en polyamide chargé de fibre de verre dont la largeur, de 20 à plus de 40 millimètres selon les gammes, conditionne l'essentiel de la performance finale. Sur le coefficient Uw, qui engage le fabricant sur la fenêtre entière et pas seulement sur le cadre, une pose actuelle en double vitrage à isolation renforcée atteint couramment 1,3 à 1,6 W/m².K, à comparer aux plus de 3,5 W/m².K des profilés alu sans rupture des années soixante-dix encore présents sur certaines façades anciennes de la région. Ce gain justifie à lui seul une bonne partie du surcoût d'un remplacement complet dans une région où la saison de chauffe s'étire sur plusieurs mois.
Le double vitrage 4/16/4 argon à couche peu émissive constitue la base de toute pose actuelle et couvre la majorité des besoins d'une région où les apports solaires gratuits restent modérés. Le triple vitrage, qui améliore encore l'isolation, se justifie sur les façades nord des maisons isolées du Vermandois ou du Santerre, davantage exposées au vent qu'au soleil. Près de l'autoroute A1, qui traverse le département de part en part, ou sous les trajectoires de l'aéroport de Beauvais-Tillé, un feuilleté acoustique asymétrique de type 44.2 apporte un gain réel de 8 à 10 décibels, sensible dès les premières nuits pour les riverains. Le facteur solaire Sw, moins critique ici que dans le sud de la France, mérite tout de même d'être vérifié sur les grandes baies orientées plein sud des extensions récentes.
La fenêtre à la française conserve l'avantage de l'étanchéité, avec des joints périphériques qui viennent en compression à la fermeture, un point important sur les plateaux dégagés où le vent souffle sans obstacle naturel. Le coulissant, plus pratique devant un plan de travail ou dans une pièce étroite, s'appuie sur des brosses qui offrent un classement air généralement inférieur à celui de l'ouvrant à la française, sauf à choisir un coulissant à levage qui comprime ses joints en fin de course. Le galandage, où les vantaux disparaissent dans l'épaisseur de la cloison, se décide dès le gros œuvre et convient surtout aux extensions contemporaines plutôt qu'aux façades en brique picarde des maisons de faubourg. Le classement vent retenu, généralement modéré en Picardie hors zones de plateau exposées, dépend en pratique de la hauteur du bâtiment et de son exposition.
La pose en rénovation, qui conserve le dormant en place et vient s'y fixer, évite de rouvrir les tableaux et les enduits intérieurs, au prix de quatre à six centimètres de clair de jour perdus sur chaque dimension. La dépose totale, plus onéreuse, permet de reprendre l'étanchéité sur toute la périphérie de la baie et se justifie particulièrement quand le dormant d'origine a souffert de l'humidité, fréquente sous ce climat. Le calfeutrement doit tenir compte de maçonneries en brique ou en pierre calcaire qui respirent naturellement : une mousse imprégnée précomprimée complétée d'un mastic élastomère côté intérieur tient mieux dans la durée qu'une mousse expansive simplement arasée. Le principe reste d'étancher à l'air côté intérieur du logement et de laisser le mur respirer côté extérieur, faute de quoi l'humidité stagne dans l'épaisseur du tableau.
Une fenêtre aluminium posée revient couramment de 500 à 900 euros du mètre carré, dépose comprise, le triple vitrage et le feuilleté acoustique faisant glisser vers le haut de cette fourchette dans les logements proches de l'A1 ou de l'aéroport de Beauvais.Une baie de trois mètres ouvrant en deux vantaux coulissants revient de 2 500 à 5 000 euros, fourniture et main-d'oeuvre réunies. Le taux réduit de 5,5 pour cent est acquis en rénovation à condition que l'habitation ait plus de deux ans et que le professionnel assure à la fois la fourniture et la mise en oeuvre ; les aides publiques exigent en outre une entreprise qualifiée RGE.
Espace Fenêtre, à Beauvais, pose des fenêtres en PVC, bois, aluminium ou versions mixtes, avec des chantiers de remplacement et de rénovation de menuiseries extérieures.
ISO'BAIE, implantée à Compiègne, réalise la pose de fenêtres, de portes-fenêtres et de baies vitrées, ainsi que d'autres éléments de fermeture comme les volets roulants et les portes d'entrée.
Menuiserie du Berger, à Picquigny, fournit et pose fenêtres, portes-fenêtres et baies coulissantes, en PVC, bois et aluminium.
Picardie Fermeture, installée à Saint-Quentin, pose fenêtres, baies vitrées et volets, ainsi que des fenêtres de toit, et prend en charge la dépose des anciens éléments.
Fauquet Menuiserie, présente à Compiègne, fournit et pose sur mesure fenêtres, portes-fenêtres et baies vitrées, pour des projets de rénovation et d'installation neuve.
Principales communes de Picardie : Amiens, Beauvais, Compiègne, Creil, Albert, Senlis, Clermont